Mary Morgan,
la princesse aux cheveux verts :


. Il était une fois, dans une région près de laquelle s'élèvera un jour la ville de Vannes, la belle princesse d'un étang, qui répondait au doux nom de Mary Morgan.
C'était une époque ou il n'était pas necessaire d'avoir beaucoup de sujets, beaucoup de terre, ni même d'avoir d'armée pour pouvoir être la princesse de ce que l'on possédait. Elle était belle, la Mary Morgan, et elle l'aimait son étang, elle aimait y être et s'y baigner tant et tant que ses cheveux viraient au vert, a présent, ses longs cheveux clairs couleur d'algue a présent.

Non loin de là, un grand seigneur, possédant fortune, gens et chateau, régnait aussi sur un lac qui était sien, mais il ne s'y baignait jamais. Il n'était pas très propre a dire vrai, et assez laid. Ce seigneur, comme tout seigneur, cherchait a bien se marier, et on lui parla de la princesse de l'étang d'à côté. C'est nue qu'il la surpris en train de se baigner alors qu'il venait la rencontrer. Il s'éprit de la fraiche beauté de Mary Morgan, qui n'était a nulle autre pareille, et lui demanda de l'épouser. Il lui parla de sa fortune, de ses gens, de son chateau et de son étang ou elle pourrait se baigner aussi.

Mais Mary Morgan ne voulait pas quitter son étang, elle aimait trop ces eaux pour vouloir gouter celle d'à côté. A cela, il fallait ajouter qu'a ses yeux, le seigneur n'avait rien de charmant, et même qu'il l'a repugnait. Jamais elle ne laisserais un tel homme la toucher. Mais il insistait et insistait, et les politesses pour se refuser commençaient a manquer.
Pour tenter de lui faire comprendre, elle lui dit alors :

-Votre semence et votre sang ne pourront couler en moi que si les eaux de votre étang coulaient dans celles du mien... Je suis mon étang et vous êtes le votre... Tant qu'il en sera ainsi, nous ne pourrons être unis...

La malicieuse princesse songeait en avoir fini avec les requêtes du seigneur, elle pensait lui avoir clouer le bec, mais c'était sans compter sur sa richesse, son obstination et ses gens. Si la belle dame pensait lui faire comprendre qu'il s'agissait là d'une chose impossible qui n'arriverait jamais, le seigneur, lui, pris la chose comme un défi qu'il releva.

Il fit creuser un canal et réunit les deux étangs en un seul. Il le fit vraiment.

Il invita la belle dame de ses pensées a une fête donnée en son château, avant que de la raccompagner en bateau, par le canal de son étang a lui, jusqu'au sien a elle, lui montrant ainsi et lui disant qu'il avait fait ce qu'elle demandait, et qu'elle allait pouvoir être sienne, ne faire avec lui plus qu'un.

Elle compris qu'il ne reculerais devant rien pour obtenir ce qu'il voulait, et, ne pouvant s'y résoudre, se pencha sur le bord du bateau, pour y regarder les eaux profondes de ces eaux qu'elle aimait tant. Elle s'y jeta alors, pour disparaître dans ses profondeurs.
Depuis cette époque, on voit parfois les matins d'été sur les rochers une très belle femme se peigner ses cheveux verts. Certains hommes tentèrent de la retenir ou de l'y suivre et s'y noyèrent. Elle et ses filles appartiennent aux eaux et non a la terre.

L'homme peux vouloir plier le monde, la nature, ou les femmes a sa volonté, il n'y parviendra jamais tout a fait, car il n'est en rien leur maître en vérité. Il doit apprendre a les aimer plus qu'a chercher a les soumettre. Mais l'homme n'apprendra jamais...

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